• Ma Libellule

    Ma libellule

    de François FABIÉ recueil : Fleurs de genêts


    En te voyant toute mignonne,
    Blanche dans ta robe d'azur,
    Je pensais à quelque madone
    Drapée en un pan de ciel pur ;

    Je songeais à ces belles saintes
    Que l'on voyait, du temps jadis,
    Sourire sur les vitres peintes,
    Montrant du doigt le paradis ;

    Et j'aurais voulu, loin du monde
    Qui passait frivole entre nous,
    Dans quelque retraite profonde,
    T'adorer seul à deux genoux...

    *
    * *

    Soudain, un caprice bizarre
    Change la scène et le décor,
    Et mon esprit au loin s'égare
    Sur de grands prés d'azur et d'or,

    Où, près de ruisseaux minuscules,
    Gazouillants comme des oiseaux,
    Se poursuivent les libellules,
    Ces fleurs vivantes des roseaux.

    - Enfant, n'es-tu pas l'une d'elles
    Qui me suit pour me consoler ?
    Vainement tu caches tes ailes :
    Tu marches, mais tu sais voler.

    Petite fée au bleu corsage,
    Que je connus dès mon berceau,
    En revoyant ton doux visage,
    Je pense aux joncs de mon ruisseau !

    Veux-tu qu'en amoureux fidèles
    Nous retournions dans ces prés verts ?
    Libellule, reprends tes ailes,
    Moi, je brûlerai tous mes vers ;

    Et nous irons, sous la lumière
    D'un ciel plus frais et plus léger,
    Chacun dans sa forme première,
    Moi courir, et toi voltiger.


  • Commentaires

    1
    leronis
    Vendredi 27 Mars 2009 à 20:08
    Touchant, léger et harmonieux sont les mots qui me viennent après la lecture de ce doux poème. Techniquement bien construit, il n'en perd pas pour autant sa fantaisie.
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